INNOVATION

La recherche clinique du CHU de Caen Normandie en pointe

Les équipes médicales et paramédicales du CHU de Caen Normandie viennent de remporter 5 appels à projets nationaux du Ministère des Solidarités et de la Santé pour l’année 2017.

Publié le 06/02/2018
par service Communication
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Il y a quelques semaines, le Ministère des Solidarités et de la Santé dévoilait la liste des projets sélectionnés et financés dans le cadre de l’appel à projets PHRC (Programme Hospitaliers de Recherche Clinique), qui vise à dynamiser la recherche à l’hôpital, participer à l’amélioration permanente de la qualité des soins et développer de nouvelles connaissances médicales ou paramédicales.

 

Parmi les projets retenus pour 2017, 5 sont portés par des professionnels du CHU de Caen Normandie. Cela se traduit par une aide du ministère de près de 2,8 M€ à l’établissement pour le financement de ces projets de recherche, soit presque un doublement des financements obtenus depuis 5 ans. 

 

Les équipes médicales et paramédicales se félicitent de cette réussite aux appels à projets PHRC, avec de plus en plus de projets déposés par l’établissement et retenus par le Ministère. « C’est une année fantastique pour le CHU de Caen Normandie » souligne le Pr Jean-Jacques Parienti, Président de la Délégation à la Recherche Clinique et à l’Innovation (DRCI) au CHU de Caen Normandie. « Cet appel à projets est redouté car extrêmement exigent. En effet proposer un bon projet ne suffit pas, il faut viser l’excellence. Le succès que nous obtenons cette année témoigne une nouvelle fois du travail remarquable des médecins-chercheurs et des projets au CHU de Caen Normandie, mais aussi de l’accompagnement de qualité réalisé par la DRCI et l’unité méthodologique. »

 

Les projets retenus sont :

Le PHRC « Cancer »

Pour un projet sur la prise en charge multidisciplinaire du cancer du rectum, porté par le Pr Alvès pour plus de 310 000 €.
Depuis près de 20 ans, la prise en charge du cancer du rectum a bénéficié d’avancées thérapeutiques majeures, permettant d’augmenter la survie (55-68% à 5 ans), de diminuer la récidive locale ( <10%), et de repousser les limites de la conservation sphinctérienne. Toutefois, l’exérèse rectale entraîne des séquelles fonctionnelles (augmentation du nombre de selles diurne et nocturne, incontinence aux gaz et/ ou aux selles, incapacité à se retenir plus de 15 minutes et des faux besoins), susceptibles d’altérer la qualité de vie. Ainsi, deux ans après la chirurgie, près de deux malades sur 3 souffrent de ces séquelles, dont la moitié de manière sévère. Un score fonctionnel, le « LARS score », élaboré en 2012 au Danemark, est à ce jour le score le plus prédictif de ces séquelles. A ce jour, aucune validation en langue française n’est disponible. L’objectif de ce travail national multicentrique sous l’égide du GRECCAR (Groupe de recherche chirurgicale sur le cancer du rectum) et en partenariat avec l’unité ANTICIPE (Inserm U1086 Pr Launoy) est de valider ce questionnaire en langue française et d’évaluer son impact sur la qualité de vie des patients opérés d’un cancer du rectum, vivants à 2 ans sans récidive. Une meilleure connaissance à l’avenir de ces séquelles permettra de mieux appréhender ces séquelles fonctionnelles et de proposer le cas échéant un algorithme thérapeutique adapté.

 

Le PHRC dit « National »

Pour des recherches en chirurgie cardiaque, portées par le Dr Alexandre. Il s’agit d’une étude contrôlée randomisée en double aveugle étudiant l’effet de la Spironolactone dans la fibrillation auriculaire dans les suites opératoires de chirurgie cardiaque. Cette étude est financée à hauteur de 820 300 € ;

 

Le PHRC « inter-régional »

qui cherche à tisser des collaborations entre  les 4 CHU de l’inter-région Nord-Ouest (Amiens, Caen, Lille et Rouen) et quelques Centres Hospitaliers du territoire, a récompensé cette année deux études du CHU de Caen Normandie :

 

. L’une est portée par le Dr de Boysson sur la maladie de Horton (artérite à cellules géantes), une maladie inflammatoire de la famille des vascularites pouvant conduire à la perte de la vue et plus tardivement à des complications des gros vaisseaux, en particulier au niveau de l’aorte. Le traitement repose sur les corticoïdes dont les effets indésirables sont nombreux. La stratégie optimale d’utilisation des corticoïdes (doses, schéma de décroissance, durée de traitement) n’est pas connue et les recommandations internationales sont discordantes : les Américains proposent une décroissance rapide (souvent sur 6-8 mois) alors que les Européens préfèrent une décroissance lente de la corticothérapie (souvent >12 mois). La dose cumulée de corticoïdes pourrait avoir un impact sur la survenue des effets indésirables, mais une décroissance trop rapide pourrait augmenter le risque de récidive de la maladie. Dans plusieurs centres de l'inter-région Nord-Ouest, le docteur de Boysson propose de comparer ces deux stratégies de décroissance des corticoïdes dans un essai thérapeutique. Les résultats de cet essai permettront d’optimiser le schéma de décroissance des corticoïdes afin de diminuer les doses cumulées et limiter les effets secondaires propres au traitement, tout en assurant un bon contrôle sur la maladie.

 

. L’autre étude interrégionale est portée par le Dr Buléon sur la qualité de la réanimation cardiorespiratoire après un arrêt cardiaque qui augmente les chances de survie. Le Dr Buleon propose d'évaluer dans un essai clinique les hypothèses que l'équipe qu'il coordonne a déjà validé par une approche en simulation. Il s'agit de quantifier l'intérêt d'un dispositif d'aide au massage cardiaque externe d'une part et de comparer un rythme de relais toutes les deux minutes à toutes les quatre minutes dans le changement d'opérateur effectuant le massage. Cette étude pourrait contribuer à améliorer la prise en charge de l'arrêt cardiaque partout en France, et notamment hors de l’hôpital.

 

Le Programme de Recherche Médico-Economique (PRME)

a pour objet d’évaluer l’efficience – c’est-à-dire le rapport coût/ utilité – des technologies de santé. Au CHU de Caen Normandie, le projet porté par le Pr Touzé poursuit sa force de fédération de centres en France pour un budget dépassant le million d’euros. Ce projet de recherche vise à comparer, sur la double dimension des coûts et des résultats d’efficacité, une stratégie d’adressage des patients victimes d’un AVC vers un hôpital de proximité ou un site de télémédecine sans neuroradiologie interventionnelle à une stratégie d’adressage direct vers une unité neurovasculaire de recours avec neuroradiologie interventionnelle dans une étude médico-économique randomisée sur plus de 50 centres d’inclusions en France. Une réponse définitive est attendue dans le courant du mois de février.

 

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