PREVENTION

Une avancée sur les traitements dans la lutte contre le cancer

Dans la lutte contre le cancer, 2 chercheurs en pharmaco-épidémiologie mettent en évidence le bénéfice lié à la reprise des traitements par immunothérapie après des évènements indésirables


 

Publié le 17/12/2020
par Service Communication
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Dans un article paru dans la prestigieuse revue JAMA Oncology, Charles Dolladille et Joachim Alexandre, (CHU et université de Caen Normandie) en collaboration avec Stéphane Ederhy (AP-HP-Sorbonne Université, Hôpital Saint-Antoine) et Jennifer Cautela et Franck Thuny (AP-HM, Université de la Méditerranée Aix-Marseille), mettent en évidence l'opportunité de reprendre des traitements par immunothérapie avec un inhibiteur du point de contrôle immunitaire (ICI) et ce après des événements indésirables d'origine immunologique chez des patients atteints de cancer. Ce type d'immunothérapie permet d'obtenir une meilleure efficacité et une réponse durable dans le traitement de certains cancers par rapport aux autres thérapies comme la chimiothérapie.

Les inhibiteurs de point de contrôle immunitaire sont une famille de nouveaux traitements du cancer dont l'utilisation a littéralement explosé ces dernières années. Ce type d'immunothérapie permet au système immunitaire du patient de reconnaître et de se défendre contre les cellules cancéreuses. Ces traitements révolutionnaires permettent, pour certains types de cancer et certains patients, d'obtenir des rémissions durables même à des stades très avancés. Ils sont aujourd'hui majoritairement utilisés pour traiter le cancer du poumon, le mélanome et le cancer du rein, et sont à l'étude dans de nombreux autres cancers. Malgré une très bonne efficacité, des effets indésirables peuvent survenir et être suffisamment graves pour entraîner une interruption, au moins temporaire, du traitement et ainsi remettre en cause l'efficacité de ces médicaments. Dans cette situation, très peu de données étaient disponibles pour savoir si le médicament pouvait être réintroduit après résolution de l'effet indésirable.

L'étude, au-delà de son approche très complète sur différents aspects observationnels, transversaux et de pharmacovigilance, traite de la réintroduction de ces médicaments après la survenue d'un effet indésirable. À partir d'une base de données mondiale, plusieurs centaines de cas de patients ayant bénéficié d'une réintroduction du médicament ont pu ainsi être étudié. Les résultats révèlent qu'environ un quart à un tiers des patients traités par ce médicament présentent une récidive de l'effet indésirable initial au moment où le médicament est réintroduit. Certains effets indésirables sembleraient plus à risque de récidiver. Ce travail d'exploitation de données massives en santé, aux retombées internationales, illustre les capacités nouvelles développées ces dernières années au CHU de Caen Normandie, au sein de l'unité de pharmaco-épidémiologie. Plusieurs équipes de recherche du CHU se sont d'ailleurs tournées vers cette nouvelle unité pour travailler sur des sujets brulants dans leur domaine d'activité.

"Nous sommes déjà au travail avec les équipes de neurologie, médecine interne, cardiologie et pédopsychiatrie. Notre objectif est de faire profiter un maximum de chercheur des opportunités offertes par nos outils. Notre porte est grande ouverte" précise Dr Charles Dolladille.

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