JOURNEES D'INFORMATIONS

17 au 21 mai - Semaine européenne de la vaccination

La vaccination contre la Covid-19 reste l’actualité du jour mais ne doit pas faire oublier l’importance des autres vaccinations pour préserver la santé de tous !

Publié le 17/05/2021
par Service Communication
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Aurélie BALDOLLI et Jocelyn MICHON, médecins au sein du service des maladies infectieuses et tropicales du CHU de Caen Normandie, nous rappellent l’importance de la vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) chez le garçon, la vaccination contre la coqueluche chez la femme enceinte et évoquent la campagne de vaccination mise en place dans les collèges Normands.

Vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) chez le garçon

La vaccination contre les infections à HPV concernait en France, essentiellement les jeunes filles. Néanmoins, en décembre 2019, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommandait l’extension de cette vaccination chez tous les garçons. Cette recommandation est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2021.

En France, chaque année, plus de 6 000 nouveaux cas de cancers sont causés par les papillomavirus, et environ la moitié de ces cas, sont des cancers du col de l‘utérus. Néanmoins, un quart de tous les cancers HPV-induits surviennent chez l’homme et les plus fréquents sont les cancers de la sphère ORL (plus environ 1000 chaque année), puis les cancers de l’anus (360 par an) et les cancers du pénis (90 par an).

Cet élargissement de la vaccination chez tous les garçons à un double intérêt : diminuer les cancers dus à certains HPV chez l’homme et freiner la transmission des HPV notamment aux femmes non vaccinées et par conséquent de diminuer le risque de cancers du col de l’utérus liés aux HPV.

L’efficacité des vaccins HPV chez l’homme est démontrée dans la prévention des condylomes (verrues) anogénitaux et des lésions précancéreuses et cancéreuses de l’anus. En revanche, pour les autres cancers comme les cancers de l’oropharynx, le recul chez l’homme reste insuffisant pour évaluer l’efficacité.

Seul le vaccin GARDASIL 9® est recommandé et remboursé pour débuter toute nouvelle vaccination chez l’homme selon les modalités définies par le calendrier vaccinal actuel :

  • Tous les garçons de 11 à 14 ans révolus, selon un schéma vaccinal à deux doses (M0, M6) ;
  • En rattrapage chez tous les adolescents et jeunes adultes de 15 à 19 ans révolus, selon un schéma à trois doses (M0, M2, M6) ;
  • Chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu'à l'âge de 26 ans.

En effet, le vaccin CERVARIX® n'est pas recommandé chez l'homme, compte-tenu de la plus faible couverture génotypique du vaccin et de l'absence de données d'efficacité sur les lésions précancéreuses chez l'homme. D'autre part, le vaccin GARDASIL® sera remplacé définitivement par GARDASIL 9® en 2021.

Référence : "Élargissement de la vaccination contre les papillomavirus aux garçons", HAS

Vaccination contre la coqueluche chez la femme enceinte

En France seule la vaccination (hors Covid-19) contre la grippe est recommandée pendant la grossesse en période épidémique. La prévention contre la coqueluche repose sur la vaccination des nourrissons dès 2 mois et la stratégie du cocooning dans l'entourage des enfants de moins de 6 mois. Cette stratégie de cocooning consiste à vacciner contre la coqueluche l’entourage proche du nouveau-né : le père, la mère juste après l’accouchement, et l’entourage familial proche.

L’objectif est de protéger le nouveau-né du risque de coqueluche sévère notamment durant les 2-3 premiers mois de vie. Néanmoins plusieurs pays (USA, Canada, Australie, Royaume-Uni, Suisse, Espagne, Irlande…) recommandent cette vaccination contre la coqueluche durant la grossesse, permettant ainsi de protéger le nourrisson grâce au transfert des anticorps coqueluche de la mère au fœtus pendant la grossesse.

Au Royaume-Uni, les études conduites sur la vaccination de la femme enceinte contre la coqueluche indiquent une bonne tolérance de la vaccination et une efficacité sur la prévention de la coqueluche dans plus de 90 % des cas. En 2018, devant une épidémie de coqueluche à Mayotte avec des formes sévères chez le nourrisson, la HAS a recommandé la vaccination contre la coqueluche de la femme enceinte résidant sur l’île. Cette vaccination doit être réalisée à partir du 2ème trimestre afin d’optimiser le transfert placentaire des anticorps et repose sur une injection de vaccin tétravalent diphtérie-Tétanos-coqueluche acellulaire-Poliomyélite.

2 vaccins ont à ce jour l’autorisation d’utilisation durant la grossesse : BOOSTRIXTETRA® et REPEVAX®. Une nouvelle vaccination est recommandée à chaque grossesse.

A terme, la généralisation de cette vaccination contre la coqueluche à l’ensemble des femmes enceintes dès le 2ème trimestre est envisagée en France.

Référence : "Vaccination contre la coqueluche chez la femme enceinte dans un contexte épidémique à Mayotte", HAS.

Vaccination dans les collèges 

Un programme de vaccination scolaire a été lancé dans notre région en avril 2019 à la demande de l’Agence Régionale de Santé pour améliorer la couverture vaccinale des collégiens.

Sur la période d’avril à octobre 2019, les deux centres de vaccination de l’ex. Basse-Normandie (CHU de Caen Normandie et Fondation hospitalière de la Miséricorde) sont intervenus dans 34 collèges, répartis dans le Calvados, l’Orne et la Manche, en ciblant les élèves de 5ème. Sur 3296 élèves, 879 (27%) avait un accord parental pour au moins un vaccin et 689 (78%) ont été vaccinés.

L’acceptation vaccinale globale était la suivante : vaccin contre Diphtérie-Tétanos-Coqueluche-Poliomyélite (DTCP) 83%, Rougeole-Oreillon-Rubéole (ROR) 73%, Méningocoque C 71%, Hépatite B 67%, HPV 69%. Les refus malgré une indication vaccinale concernaient principalement le vaccin contre le méningocoque C (24%), l’hépatite B (31%) et le HPV (25%).

Ce programme a permis d’améliorer la couverture vaccinale de 85% pour le DTCP, 5.9% pour le ROR, 78% pour le Méningocoque C, 57% pour l’hépatite B et de 637% pour le HPV. 

Chez les collégiens, malgré une acceptation vaccinale faible pour certains vaccins, ce programme a permis d'augmenter la couverture vaccinale notamment contre le HPV. D'autres recherches sont nécessaires pour identifier les établissements avec une faible acceptation vaccinale afin de mettre en place des mesures l’améliorant. Ce programme est toujours en cours dans les collèges de notre région même si son activité a dû transitoirement être interrompue du fait de la crise sanitaire.

Pour plus d’information sur la vaccination vous pouvez consulter :

Contact presse CHU de Caen Normandie :

Service Communication,
CHU de Caen Normandie
Avenue de la Côte de Nacre
CS 30001
14033 CAEN cedex 9
Tél. : 02 31 06 49 61
Courriel : communication@chu-caen.fr

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